Espaces Impossibles
Lucas Petit, 30 ans, transforme les lieux abandonnés en installations immersives. Exploration de ses univers parallèles.
Réinventer l'espace
Nous retrouvons Lucas Petit dans un ancien entrepôt de Saint-Denis qu'il est en train de transformer pour sa prochaine installation. Des structures métalliques suspendues projettent des ombres géométriques sur les murs décrépits. À 30 ans, ce diplômé de l'ENSAD s'est spécialisé dans les installations in situ qui dialoguent avec l'architecture existante.
Ses œuvres immersives, qui combinent sculpture, lumière et son, invitent le visiteur à pénétrer dans des espaces oniriques où les repères habituels sont brouillés. Une expérience sensorielle totale qui a séduit les institutions les plus prestigieuses.
D'où vient cette fascination pour les lieux abandonnés ?
Ils ont une mémoire. Une usine désaffectée, un hôpital fermé, une église déconsacrée — ces lieux portent les traces de vies passées. Mon travail consiste à révéler cette mémoire, à la mettre en dialogue avec le présent.

La lumière comme matériau
Si Lucas utilise des matériaux physiques — métal, verre, textiles — la lumière reste son medium principal. Ses installations sont conçues pour être vues à des moments précis de la journée, quand la lumière naturelle ou artificielle crée les effets recherchés.
Comment travaillez-vous avec la lumière ?
Je passe des semaines à observer un lieu avant de commencer. Je note comment la lumière entre, comment elle évolue au fil des heures. Ensuite, je conçois des structures qui vont la capter, la diffracter, la multiplier. La lumière sculpte l'espace autant que le métal.
Cette attention aux conditions d'éclairage rend ses installations impossibles à photographier fidèlement. Pour les vivre pleinement, il faut y être physiquement — une revendication assumée à l'ère de la reproductibilité numérique.
L'éphémère comme choix
Vos installations sont souvent temporaires. Le regrettez-vous ?
Au contraire, c'est libérateur. Savoir qu'une œuvre va disparaître lui donne une intensité particulière. Et ça me pousse à toujours aller de l'avant, à ne pas me reposer sur mes acquis. Chaque projet est une nouvelle aventure, un nouveau défi.
Pour son projet actuel, Lucas prépare une installation monumentale qui occupera l'entrepôt pendant trois mois. Le public sera invité à déambuler dans un labyrinthe de lumière et de son, une expérience qu'il promet inoubliable.
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